lundi 2 septembre 2024

Compte à rebours

Sur mon visage, le temps, peu à peu, me dévisage. Il a posé des lignes sur mon front, mes joues, pour tracer l'espace des années. Sans crier gare, tout s'enfuit, se retire sur la pointe des pieds.

Parfois, il m'arrive de retrouver d'anciens carnets d'adresses, portant des ratures ou des noms oubliés.
Parfois, il m'arrive de me redécouvrir sur une photo jaunie d'un instant égaré.


Tout au fond de mon coeur, je le sais, je le sens, rien n'a vraiment changé, il n'est pas transformé, il s'est juste recroquevillé un peu plus, à chaque départ pour de vrai, à chaque désillusion qu'il n'a pas voulu accepter.


Aujourd'hui, je ne compte ni mes rides, ni mes années. Je suis comme je suis, avec un sentiment époustouflant de gratitude pour tout ce qui m'a construit, petit à petit.


Comme tout le monde, je connais la joie, la tristesse, la peine et la peur. J'ai déjà affronté le vide, l'absence, le manque, cherchant à m'extirper à chaque fois de mes luttes intérieures.

J'ai appris que le temps, en chaque chose, fait son oeuvre. J'ai compris que l'imperfection fait partie de la juste compréhension mais que nous affrontons à l'envi ce mystère inouï de notre présence sur terre. Seule la puissance de nos sentiments peut résister au naufrage temporel.

Alors qu'un nouveau cap, le soixante-sixième, se rapproche et que chaque jour se détache, je mesure, étourdie, l'envol des années au-delà de mes épaules. J'ai cru comprendre, je ne sais rien. Tout reste à apprendre ...


Ce qui est sûr, c'est que j'ai au fond de moi un trésor inestimable : tous ces coeurs, battant dans le même unisson que le mien, tous ces visages aimés que l'amour envisage.


~ Danielle Beaufils ~
27 août 2024

C'est la rentrée !

 


Allez comprendre pourquoi la rentrée des classes me procure toujours un petit pincement au coeur.

Ce moment réveille en moi la boule au ventre que je ressentais devant le portail de l'école. L'instant particulier de l'attente suivi de la découverte du visage de l'institutrice puis de mes petites camarades. Toute ma scolarité primaire a eu pour cadre l'école privée de filles de mon village natal. Avec le temps, les bons souvenirs ont effacé toutes les égratignures, parce que j'ai eu la chance d'avoir deux institutrices pleines de tendresse et de bienveillance et pour lesquelles je ressens toujours autant de respect et de gratitude.


Cette appréhension des premiers instants de la rentrée ne durait pas trop longtemps. Elle était très vite effacée au moment de la distribution des livres, des cahiers et du matériel scolaire que j'allais pouvoir, enfin , étrenner !


Chaque matin, nous avions une leçon de morale et chaque soir nous rentrions à la maison après avoir fait nos devoirs, surveillés, en étude. Le papier buvard, l'encre violette et son parfum délicat ont laissé en moi des traces indélébiles. Je me souviens des récréations et de nos mains unies dans une même ronde, des jeux de l'élastique, des chansons, des kermesses et de la cour d'école qui suivait, elle aussi, le rythme des saisons. Je me rappelle aussi des punitions, avec certains châtiments corporels qui seraient sévèrement punis aujourd'hui.

Bien des années plus tard, dans mon rôle de maman, la rentrée des classes m'embuait toujours les yeux, lorsque je voyais mes petits s'échapper pour s'envoler vers de nouvelles aventures. Demain matin, j'aurai des pensées toutes particulières pour mon petit-fils qui rentrera au cours élémentaire deuxième année. Je penserai aussi à tous les petits écoliers que je connais. L'école tourne dans nos vies de nouvelles pages, déclinant sur son passage des rencontres, parfois inoubliables, et tellement de belles découvertes à vivre dans les apprentissages !
Excellente rentrée des classes !


Danielle Beaufils
~1er septembre 2024 ~

Rentrée au bois de plumes



Crayons de bois, crayons de plumes
Gommes, compas et porte-plumes
Cahiers ouverts, cahiers fermés
Jolis dessins et alphabets
Crayons de bois, crayons de plumes,
Bien alignés les écoliers
En rangs serrés, s'agitent, écoutent ...
Allez Petit,
C'est la rentrée !
Danielle Beaufils-Mage

vendredi 23 décembre 2016

Fais de ta vie ta vie

 
Fais de ta vie ta vie
Fais de la vie un rêve
Et suis sans trêve
Le chemin délicieux
Du jour et de la nuit

Fais de ta vie une danse
Voltige et grime
Suis la vie suis ton coeur
Fais confiance
La beauté rejaillit
A chacun de tes pas

Fais de ta vie
Une amie

Fais ce que tu crois
Espère, chante, danse, aime
Ne t'arrête jamais
Fais renaître l'enfant au fond de toi
Partage, souris, avance, accomplis

Fais de ta vie ta vie
Et ne laisse personne
Respirer à ta place


jeudi 8 octobre 2015

J'aimerai



J'aimerai parfois faire taire cette mélancolie
Qui résonne fort au fond de moi
Et traverse à pas sournois
Les couloirs de ma vie


 
Regard triste posé sur le monde
Océans de questions sans réponse
Pourquoi ?

J'aimerai ne pas montrer
La tristesse qui parfois m'envahit
J'aimerai croire aux forces de la vie
Mais comment faire ?
Lorsque l'ombre cache la lumière

J'aimerai pouvoir rendre à l'enfant blessé
Son regard émerveillé
J'aimerai pouvoir sécher
Du monde entier
Ses torrents de larmes
Mais comment écrire pour traduire toute la vérité
De ce que j'ai sur le coeur

J'aimerai ... j'aimerai ... j'aimerai

Etre vivant




Etre vivant, c'est passer du rire aux larmes, de l'ombre à la lumière. Etre vivant, c'est ressentir la joie, la tristesse, la colère, d'étranges sentiments habitant notre maison intérieure. Etre vivant, c'est un émerveillement constant, une source de bonheur dans l'infini de l'infini... Oui, c'est un peut tout ça être vivant...

Solitude

 
Prendre le crayon de bois pour tracer en soi de nouvelles lignes. Le carnet muet me renvoie l'écho de la page blanche. Vide absolu. Ma solitude est là, je peux la porter à mains nues. Quel est ce vent irrévérencieux qui s'amuse sous la jupe des mots ? d'où vient ce plaisir à vouloir être en solitude pour écrire ? et pour écrire à qui, à quoi ? parler de quoi ? quel est le problème ?
 
Des millions de gens ...se croisent et se rencontrent, fuyant trop vite leurs solitudes. Ils se parlent et peuvent même s'aimer. Pour ne pas être seuls, ils donneraient leurs chiens.
 
J'aime cette solitude, cet espace dans le temps rien que pour moi. J'aime la peupler dans l'infini de paroles qui surgissent sur le seuil comme ça, sans crier gare. La maison des mots s'habille de mes silences, et ce sont eux qui donnent chaleur, ambiance, mouvements.
 
Dans cette solitude choisie, expérimentée tant et tant de fois, "j'émerveille", j'invente, je peaufine et confronte mes doutes à mes possibles, mes impuissances à mes absurdes, et rien ne me fait peur ici, et rien ne me fait taire.
Au loin, juste à côté, le temps continue et le cœur de la vie bat son rythme régulier. Juste à côté, il y a le chat et la fleur. Tous les deux peuvent danser dans les rêves du vent. La solitude marche à côté de la vie, elle en emprunte tous les chemins.
 
A ce monde j'appartiens, de ce monde je suis un élément et je m'enivre d'être, tout simplement.
Et lorsque ma solitude voudra rejoindre les étoiles, je veillerai à trouver dans cette nouveauté, assez de mots dans la lumière.
 
Tabou de solitude, je veux en parler. Tabou, mot inventé par l'homme pour éviter ses peurs. Tabou... mots en tas, bout à bout de mots, mots mis en bouts, mots debouts, à bout sur un tas de vie ...

Tabou, comme un tambour amputé d'un bras qui ne pourrait plus battre. Parler du silence et de la solitude pour VIVRE, EXISTER, RESPIRER. Se déposséder de soi pour voir plus loin, pour sentir en soi des ailleurs. Solitude, comme un point suspendu sur le fil du temps ... La musique entraîne toujours très loin et rejoint souvent d'autres musiques, d'autres mélodies. 

 De ce monde, je m'étourdis souvent, dans la pensée de cette multitude infinie qui arrive, seule et nue, puis vit, danse, chante, pleure, se marie, puis repart, si seule et anonyme. De ce monde, de son souffle sacré, nous sommes tous, un à un, reliés.

Distillation



J'adore
voir dans des yeux qui brillent
des désirs qui pétillent
et des mots tout habillés de rouge
sur des bouches hier encore...

toutes timides
c'est le petit verre de vin
qui distille sur les chemins
des petits riens pas bien méchants
sans abuser du petit blanc
la porte s'ouvre aux bons moments
tout simplement

Dérisoirement

 
J'aime arpenter les forêts. Pour retrouver parfois, sur le chemin des souvenirs, des histoires enfouies dans le passé. Parfois, sous mes pas, traînent encore des larmes et des silences qui voudraient s'égarer ...
Au gré du vent, la vie passe, je gagne, je perds, mais j'apprends des leçons. Sous les pas de mon cœur, traînent encore de vieilles douleurs, que le temps n'a pas encore pu effacer. Et chaque vie oscille entre l'ombre et la lumière.
La vie et la forêt me parlent toujours d'essentiel. Elles me redisent la chance infinie d'être au monde. Quel cadeau de pouvoir vivre la rencontre des autres ; sans les autres, la vie n'aurait pas son éclat.
L'essentiel est dans l'amour, dans l'amitié, dans ces joies-là. Tout le reste est tellement dérisoire ...

Musique intérieure


 
Lorsque j'étais petite fille, je construisais des cabanes imaginaires. Mes rêves habitaient parfois la grande marelle du ciel. Et lorsque les cloches sonnaient les dimanches, je trouvais que la lumière était toujours une nouvelle lumière ... J'engrangeais tout au fond de mon coeur tous les mots que je ne pouvais pas dire... J'engrangeais déjà, au plus profond de moi, ma musique intérieure ...

dimanche 7 septembre 2014

la toile de la vie


Depuis notre naissance, nous sommes pris dans la toile de la vie, et du temps qui s'enfuit.


Toile inondée de soleil, quand elle rejoint d'autres espaces dans le cœur des amours, des amis.


L'amour tisse autour de nous sa toile, nous en ressentons les fils au plus profond de notre cœur. C'est une soie délicieuse, puissante, qui nous pousse jusqu'aux délices de l'ivresse.

Ce matin, j'écris en bleu dans cette toile pour tous ceux que j'aime et qui sont aussi dans ces filets joyeux.

Au-delà du temps, l'amour dans les cœurs est à préserver, comme un diamant précieux posé au chevet de ce qui est toujours possible d'accomplir.

Dans le silence et dans le vent, dans la lumière de l'océan, devant l'infini de la rivière, se tissent d'autres toiles, d'autres univers, d'autres mystères.

Et chaque toile en éclabousse d'autres de sourires et de désirs, de voix et de regards partagés, ressentis, éprouvés, caressés et dansés, dans la joie d'exister.

dimanche 6 juillet 2014

Toujours plus loin


J'écris, au dos de chaque pierre
dans le nid
pour éclabousser l'espace
trop bleuté d'un ciel d'été
et le clapotis du silence
joue des airs
et puis, l'océan tranquille
donne envie d'aller encore plus loin...

Nul ne sait

 
Où sont-elles, les âmes d'avant, celles des autres temps ? Le soir venu, elles symphonisent à l'infini au-dessus de nos ciels. Peut-être ... Où sont-ils, tous ces lointains voyageurs, arpenteurs du passé et du monde ? Sont-ils revêtus d'étoiles et de poèmes ? Sans doute ... Entre l'essentiel et le doute, nos cris troublent peut-être... dans la nuit, l'écho troublant de la lumière. Où est-elle, la vérité ? Ici, ailleurs ? nul ne le sait ...

Ecrire pour dessiner le monde



Ecrire à la pluie, à la nuit, à la vie
Epouser le blanc du papier
et dessiner le monde
Et puis, soudain,
dans la terre feutrée des mots,
semer des silences...

Vagabondage


La nuit vagabonde
à la recherche d'autres nuits
Et le temps compose en chacun de nous
sa douce symphonie
Au loin, c'est l'aube et sa lumière
au fil tendre des jours
Eclaboussée de vie,
je rumine aux étoiles...
 

Musique et concerto

 
N'éteins jamais la lumière
Du verbe et du mot,
de la musique et du concerto
L'accord majeur est là
À la portée de ton cœur
 



Cri du silence




Chaque silence est un cri
un triomphe
une étoile
jaillissant en plein cœur de la nuit

Dans le ciel






Dans le ciel
les nuages ont des murmures
et le vent pris au piège
épouse, tout habillé de blanc,
ce troublant sortilège.

Sur les larmes du temps,
des nuages se promènent, infiniment...